Du plus loin que je me souvienne, les plus beaux moments de proximité que j’ai eu avec mon père, c’est quand on fait la cuisine ensemble. Pour moi, il a toujours été le plus grand cuisinier et surtout le meilleur pâtissier. C’est lui qui m’a appris à suivre une recette, mais aussi à la mettre à ma main. Mon père a hérité du livre de sa mère, le genre de livre vivant, qui déborde de farine et dans lequel certains mots sont noircies de mélasse.
Il a toujours eu la patience de me laisser mélanger les ingrédients, verser les quantités, rouler la pâte ET, ma partie préférée, lécher les plats et ustensiles. C’est avec sa patience et sa passion qu’il m’a fait aimer la cuisine et qu’il m’a donner l’œil aiguisé pour savoir qu’est-ce que ça signifie »mettre un peu de sucre », sans avoir les mg près.
Cet héritage est important pour moi, puisque je sais que même absente, mon père retrouve sa mère dans les recettes de galettes et de gâteau. Cet héritage il me l’a léguée et aujourd’hui, dans la cuisine de mon enfance, c’est avec mon fils que je cuisine nos recettes préférées.

Ce soir nous avons fait des muffins aux bananes, recette bien simple, mais plaisante. Mon garçon de 3 ans a eu du plaisir à mélanger et a découvert que la farine c’est doux. Je vous laisse deviner l’état de ma cuisine suite à notre recette. J’aurais pu lui demander de me laisser faire, pour éviter les dégâts, mais l’apprentissage n’aurait pas été aussi positive. Je me suis inspiré des moments passés avec mon père à cuisiner et j’ai pris tous les grains de patience que je possède pour les offrir à mon Éliam d’amour. Je souhaite qu’il hérite lui aussi de cet amour pour les moments en cuisine et qu’il sache goûter au bonheur des recettes familiales.